L’école du 21 ème siècle

Je souhaite proposer ma vision de ce que devrait être l’école à notre époque.
En partant des questions suivantes:
Quel doit être le rôle de l’école dans notre société?
Quels sont les paramètres à mettre en place pour l’aider à accomplir ses objectifs?

 

Le rôle de l’école: constat

L’école républicaine consiste aujourd’hui à accueillir des jeunes pour leur fournir des enseignements visant à les insérer dans la société française.
Atteint-elle son objectif? Quel est le rôle des parents dans cet objectif?
S’insérer dans la société que cela signifie-t-il vraiment du point de vue de l’école?

L’école des trente glorieuses était une école valorisée, tant par les institutions, les médias et les parents des jeunes générations.

Carte blanche lui était donnée, et par là aussi aux enseignants.

L’école était une chance, elle était formatrice. Elle apportait des connaissances que les parents ne pouvaient pas apporter.

Les parents la respectaient et croyaient en ses capacités. Cette légitimité était transmise sans compromis aux enfants par leurs parents qui soutenaient l’effort scolaire et parfois de façon autoritaire, en les obligeant à s’y plier.

Les jeunes y emmagasinaient des connaissances visant à l’obtention d’un diplôme, garant de leur compétence et sésame à l’entrée dans la vie en société.

A la maison, le divertissement était synonyme de récompense et on apprenait en faisant, en aidant, en participant.

Aujourd’hui, l’école continue inlassablement a endossé ce rôle de détenteur de la connaissance et du savoir.

Les programmes ont peu changé et l’objectif reste le même: enseigner des connaissances.

Ce qui a changé, c’est tout le reste.
Tout a changé mais l’école elle, ne s’est pas mise à jour.

Le divertissement de masse, la consommation de masse, l’information de masse sont entrés chez les particuliers et ont bouleversé bon nombre de façons de vivre.

La famille a changé: le travail des femmes est devenu norme et les familles monoparentales sont devenues nombreuses. Ces changements n’ont rien de problématiques en tant que tels.

Ce qui les rend problématiques c’est que la société n’a pas évolué vers du moins pour le mieux.

Le travail des femmes en soi est une bonne chose du point de vue de l’égalité des sexes, néanmoins le travail des hommes n’a pas baissé en proportion. Il me semble en cela que la société de l’éducation a laissé place à la société du travail, en conférant à l’école le rôle de formation essentielle de l’enfant.

Le temps passé au quotidien entre parents et enfant a donc diminué et celui qui reste est généralement consacré aux loisirs. Pourtant passer du temps avec son enfant me semble primordial pour son éveil et entretenir et susciter sa curiosité et son émerveillement du monde.

Le problème est d’autant plus important que l’enfant se retrouve le plus souvent seul pour affronter un flot continu d’informations émis par la télé, internet et les réseaux sociaux.

Il est donc de plus en plus solitaire et en même temps confronté à une quantité d’informations inexistantes il y a encore quelques dizaines d’années, qui méritent plus que jamais, un vértiable accompagnement de la part des parents, afin de l’aider à prendre le recul nécessaire et à décrypter tous ces messages.

Les parents sont les premières victimes de ce choix de société du travail.

Ils s’en remettent donc à l’école qui, elle, n’a pas pris conscience de ces changements sociétaux et continue à enseigner des connaissances sans réellement se soucier si l’enfant est prédisposé à les recevoir.

Dans de nombreux cas, ce n’est plus le cas et cela explique en grande partie l’échec de nombreux enfants dans le système scolaire actuel.

Est-ce le rôle des parents de permettre à l’enfant de se développer comme individu, de réfléchir sur le sens de la vie, de le responsabiliser et de l’accompagner dans la découverte de son environnement et des autres ? Oui mais leur présence manque.

Est-ce aussi le rôle de l’école? Oui, aussi.

Est-ce que ce doit être sa priorité? Oui, plus que jamais!

L’école doit devenir le lieu d’éveil et de développement de l’enfant.

Il faut tout mettre en oeuvre pour que cette école forme des hommes et des femmes, des citoyens conscients et éclairés, curieux et respectueux de l’autre.

 

L’école élémentaire

Elle a de bons atouts pour atteindre ses objectifs: l’encadrement par un un voire deux par exemple est essentielle pour créer un climat de confiance et permettre à l’enfant de s’ouvrir et de partager.

Le nombre d’élèves par classe – 24 – s’il n’est pas rédhibitoire, fait tout de même partie des plus élevés des pays de l’OCDE, dont la moyenne est de 21. On peut envisager de faire de 20, le nombre maximum d’élèves par classe, quand on sait que cela permettra de consacrer davantage de temps aux élèves.

Du temps qui doit être utilisé à bon escient. La pédagogie employée doit selon moi reposer sur la pédagogie Montessori qui se définit comme une “aide à la vie”: l’objectif principal étant de favoriser l’autonomie et l’auto-correction de l’enfant.

Cf article pour en savoir plus sur Montessori.

Au delà de cette pédagogie, il me semble essentiel d’intégrer dès la maternelle la discussion sur des sujets concrets aussi bien qu’abstraits afin de fournir des réponses aux questions ambitieuses et infinies des enfants, de les faire réfléchir, de leur donner des clés pour comprendre le monde et se sentir des êtres pensants. Philosopher sur la vie c’est une activité de tous les âges, les premiers philosophes, ceux qui remettent le plus en question les choses sont les enfants. Vouloir éteindre cette flamme en l’étouffant de connaissances objectives n’a aucun intérêt. Faire qu’un enfant devienne un homme et un citoyen, c’est l’encourager à penser, lui proposer des manières de voir, ce n’est pas lui asséner LA vérité.

Lui donner à voir et à comprendre le monde, éveillera chez lui une soif de connaissances qui si elle n’est pas cassée par la volonté de créer une pensée unique, durera toute sa scolarité et sera le terreau de l’apprentissage des connaissances imposées par le programme.

Une des grandes erreurs de l’école actuelle c’est de vouloir semer les graines de la connaissance dans des têtes, dans lesquelles le terreau créé par la curiosité et la pensée multiple est absent.

 

Le secondaire – le collège

Puis l’écolier devient collégien.

En l’espace de trois mois, il passe d’une classe de 24 à une classe de 25 élèves.

Pas de quoi fouetter une mouche! (Je ne m’attarde pas sur le nombre d’élèves par classe qui est sans cesse abordé et montré comme un facteur prédominant dans les difficultés d’enseignement. Je ne peux être que d’accord avec cela.)

En l’espace de trois mois aussi, il passe ainsi d’un ou deux professeur(s) à … 9. (français, mathématiques, langue vivante 1, histoire-géographie-éducation civique, biologie, technologie, arts plastiques, musique et sport).

Est-ce bien raisonnable?

Nul besoin de trop se pencher sur la question pour voir que cette séparation n’existe pas dans l’intérêt des collègiens mais est plutôt la conséquence du système de formation des professeurs.

Ces mêmes professeurs qui se sont lancés dans des études spécialisées et qui ont choisi l’enseignement de leur spécialité.

Je ne souhaite pas remettre en cause la pédagogie des enseignants. Un spécialiste des mathématiques qui suit une formation pour devenir professeur possède généralement les compétences pour enseigner.

Ceci-dit, il me semble tout de même qu’une véritable réflexion a sa place au sujet de la formation des professeurs. Doit-on être spécialiste pour être enseignant ou doit-on avant tout vouloir être enseignant avant de se spécialiser?

Quelle est la priorité de l’école? Enseigner des connaissances, ou surtout bien les enseigner?

Mais revenons à nos moutons professeurs.

9 profs en 6ème, 11 en 5ème, 4ème et troisième.

Concrètement, un collégien fera face à son professeur de français 4h30 par semaine, et à l’inverse, 1 heure à son prof de musique et d’arts plastiques.

Il sera donc en contact 36 heures avec ses profs d’arts et 162 heures avec son prof de français, sur les 9 mois que comporte son année scolaire.

Jusqu’en CM2, il avait cotoyé son instituteur plus de 850 heures sur l’année scolaire.

Comment peut-on penser qu’un élève, aujourd’hui, puisse se sentir assez à l’aise et en confiance avec un professeur qu’il voit une à deux fois par semaine, qu’il ne connaît pas en dehors du programme et qu’il ne connaitra de toute façon jamais?

Du côté du professeur, comment croire qu’un professeur qui prend en charge trois voire quatre ou cinq classes de 30 élèves par semaine, peut connaître suffisamment ses élèves et leurs aspirations. Comment instaurer un climat de confiance, comment entretenir cette flamme, ce terreau nécessaire à la motivation et à l’apprentissage des connaissances et du savoir?

 

N’y a-t-il pas quelque chose à envisager afin que les conditions soient non pas optimales, mais moins aberrantes?

Il ne s’agit pas de vouloir reproduire le schéma de l’école élémentaire et son professeur unique: les enseignements du collège demandent des compétences dans des domaines spécifiques qu’un seul professeur ne pourraient avoir.

Pourtant, il me semble qu’à un niveau collège, un professeur de sciences devrait être capable d’enseigner aussi bien les mathématiques, la physique-chimie, la bio et la technologie.

Il passerait ainsi 8 heures avec ses étudiants de 5ème, 4ème et 3ème au lieu de 3h30 actuellement.

Il pourrait se consacrer davantage à eux, apprendre à mieux les connaître et n’aurait à gérer que deux classes par semaine au lieu de quatre: 50 élèves au lieu de 100.

De même un professeur d’histoire-géo, éducation civique pourrait prendre en charge l’enseignement d’une langue étrangère avec le soutien d’un professeur-assistant locuteur de la langue. Ces professeurs en devenir sous-exploités par l’Education Nationale par rapport à leur apport en terme de motivation vis-à-vis des élèves.

Ce ne serait plus 9 ou 11 professeurs mais seulement 4 qui encadreraient la formation de ces jeunes.

Et les bénéfices seraient réels pour tous, autant pour les professeurs que les étudiants. Il va sans dire qu’en étant plus en contact chaque semaine, en abordant des sujets différents, en faisant des activités différentes, du lien se créerait entre les élèves et les professeurs.

De la même manière, en décloisonnant de la sorte les matières, on permet plus facilement de les relier entre elles, de les voir comme un tout qui a du sens pour l’élève, loin du tumulte des informations glanées ici et là sur la toile qui désorientent plus qu’elles n’informent.

Ce temps supplémentaire passé ensemble laisse également plus de place au dialogue, du dialogue pour mieux s’appréhender et s’ouvrir à la connaissance.

Pourtant, afin de permettre que le dialogue commencé en primaire continue et évolue vers de vraies réflexions citoyennes, il serait nécessaire d’introduire la discussion philosophique au collège également.

Outre le fait que cela permettra de faire des cours de philosophie qui arrivent en Première au lycée comme un cheveu sur la soupe, des ateliers d’ébullition intellectuelle, et non pas des cours de théories abstraites, il s’agit surtout de redonner du sens au fait d’être au collège.

On sait combien l’adulte qui représente l’ordre établi, suscite chez tout adolescent le besoin de transgression. Donner du temps à la parole et à la réflexion lui permettrait de ne plus voir le professeur comme une figure d’autorité, parfois immuable, comme celui qui sait et dont le but ultime est de finir le programme. Mais le considérer plutôt. Le voir comme une personne adulte avec qui on peut parler, échanger, s’exprimer. Le rôle du professeur c’est aussi de permettre à l’adolescent de traverser cette étape de sa vie en gardant confiance en ses aînés.

L’école du 21 ème siècle mérite qu’on s’y attarde et qu’on y mette non seulement les moyens mais aussi la volonté d’en faire un service au service des enfants de la République.

Une France bien mal-en-point…

Ça sent le roussi…

La même histoire se répète encore. Lorsqu’on observe la situation économique et sociale en France, on a de quoi se poser de sérieuses questions sur notre avenir et plus généralement sur l’avenir des jeunes. Petit florilège de la situation en France, au niveau économique, éducatif et social.

Economie, jolie, jolie, jolie…

La situation économique mondiale est compliquée. L’économie est en crise! Cela fait au moins cinq ans, que l’on nous le sert à tous les repas. Bien sûr, l’exception française n’existe pas et l’évolution du nombre de chômeurs en France illustre bien la chute en avant inéluctable et l’avenir assombri qui nous attend.

Dans cet article du Nouvel Observateur, une petite chronologie du nombre de chômeurs dans l’hexagone est intelligemment agrémentée de phrase-clés prononcées par les différents chefs du gouvernement, alors en exercice. Conclusion: ce vaste système économique est seul gouvernant. Et nous faire miroiter que l’élection de tel ou tel gouvernement pourra changer les choses, ne fait finalement que l’ancrer un peu plus profondément dans notre pays, pour le meilleur et bientôt, pour le pire.

La hausse du chômage en France, sous la Vème République.

S.O.S. éducation en perdition…

C’est la rentrée! Les nouvelles mesurent sont tombées, et même si elles partent d’un bon sentiment, elles n’en restent pas moins des cache-misères. Et oui, colmater les brèches est une chose; mais c’est peine perdue si l’édifice éducatif menace dangereusement de s’effondrer.

N’y allons pas par quatre chemins: la situation de l’enseignement général en France est catastrophique. 40% des élèves sortent de l’école primaire sans savoir lire et écrire correctement.

Etre enseignant dans l’éducation nationale, en France, relève de plus en plus de l’exploit, surtout dans le secondaire. Les collégiens et lycéens, abêtis par la télévision et ses programmes forçant à la consommation et développant le culte de l’image, en oublient l’intérêt même de l’école.

D’autre part, parler d’ « abandon des parents » semble plutôt justifié. Le suivi scolaire qui était de mise dans les foyers français a tendance à laisser la place à un fossé entre la vie à l’école et la vie à la maison. Les parents, en ce sens, démissionnent de leur rôle de soutien de l’éducation de leurs enfants. Pire encore, de plus en plus nombreux sont les exemples de ces parents qui s’opposent à l’enseignement, souvent à travers une opposition à l’enseignant. De l’autre côté de la grille d’école, bon nombre d’enseignants se retrouvent enseignants par défaut. La garantie d’un emploi stable et le manque de débouchés des filières universitaires, notamment littéraires, sont responsables de l’arrivée massive de personnes avec le statut de professeur, sans en avoir ni la qualité, ni l’envie qu’il nécessite pourtant. Cela va sans dire que ce mauvais aiguillage professionnel a des répercussions indéniables sur la qualité de l’enseignement.

Abandon des élèves, des profs et des parents. Triste constat. Que faire pour enrayer ce cercle vicieux?

Gavée de principes dans lesquels l’argent et le smartphone sont roi et prince, et donc, basés sur une vision à court terme, cette nouvelle génération, actuellement en salle de classe, aura pourtant, fort à faire dans les prochaines années pour s’insérer dans la vie professionnelle, si encore une fois, on se réfère aux perspectives économiques, pour le moins pessimistes.

Une des façons les plus efficaces de se rendre compte d’une situation, outre le fait de prendre soi-même du recul, est sûrement d’obtenir un avis extérieur.

Sameer Thomas, enseignant de français en Inde, a travaillé pendant deux ans en France dans l’enseignement secondaire. Son témoignage est révélateur de ces dysfonctionnements.

Interview de Sameer Thomas, enseignant de langues.

En outre, voici un extrait de l’excellent article Etre un bon prof ? Pas si simple. de Fabienne Dumontet, dans lequel sont mises en avant les lacunes des formations reçues par les professeurs. Un constat relayé par le témoignage de Maria, professeure de français, d’origine allemande.

Car il faut le préparer, ce professeur, à la réalité difficile du collège et également à évoluer au cours de sa carrière. De ce point de vue, on réfléchit encore en France à un système de formation éprouvé. Actuellement, une fois passés les concours du capes ou de l’agrégation, en grande partie axés sur les aspects théoriques et les savoirs dans les disciplines, les jeunes professeurs suivent une formation professionnelle hebdomadaire d’un an. Mais ils assument en même temps leur service à plein temps devant leurs classes, sans expérience professionnelle ou presque, et souvent dans les établissements difficiles où ils sont affectés en priorité. Si bien qu’en urgence, cette rentrée, l’éducation nationale leur a accordé un allégement de quelques heures par semaine.
Auparavant, la situation n’était pas aussi critique. Leur service était largement réduit lors de cette première année pour qu’ils puissent suivre leur formation professionnelle en alternance. Mais elle restait bien insatisfaisante, du moins celle qui était assurée depuis 1990 par les Instituts de formation des maîtres (IUFM).
Ecoutons Maria, agrégée de lettres et, il y a peu encore, professeure de français dans un lycée de Rouen, raconter son passage à l’IUFM. Il se trouve qu’elle est arrivée en France après deux ans d’université en Allemagne, son pays d’origine.« Cela manquait d’une réflexion globale sur ce que doit savoir un professeur, l’histoire de l’éducation, les neurosciences… En Allemagne, c’est abordé dès la première année universitaire. Là, c’était du saupoudrage en un an. »
Pour l’aider à gérer la diversité de ses futurs élèves, on disait à Maria « d’exploiter des heures supplémentaires : théâtre pour certains élèves, soutien pour d’autres… Mais c’est aussi dans ses heures de base d’enseignement qu’un professeur agit, s’il connaît des méthodes pour faire travailler les élèves en petits groupes. Là, le système français avait encore des progrès à faire ». Résultat, à ses yeux : « En France, tu es le spécialiste de ta matière et tu enseignes. En Allemagne, tu es professeur et tu as une matière, ou deux. »

Bilan social: un vrai régal!

Les conséquences sociales sont déjà observables et pour le moins, désastreuses. Le principe selon lequel, l’éducation permet de se réaliser personnellement et professionnellement a déjà  été archivé au registre du « bon temps ». Pire encore, on assiste à un véritable dédoublement de la vie de l’individu: une vie professionnelle et une vie personnelle. Une pour survivre, l’autre pour vivre, tant que faire se peut. Rares sont ceux qui aujourd’hui, peuvent dire qu’ils s’épanouissent dans leur travail et de plus en plus nombreux sont ceux qui exercent une profession par défaut, en décalage avec leurs études et leurs espérances. Seuls ceux qui peuvent compter sur l’aide financière de leurs parents, les mêmes qui peuvent compter sur les pistons de ces mêmes parents, sont garantis d’atteindre des sommets, qu’ils le méritent ou non.

L’ascenseur social est donc en panne et le mécanicien de 16 ans, fraîchement diplômé d’un CAP sans valeur, mais sachant péniblement lire l’heure et l’adresse indiquées, n’est pas prêt d’arriver pour y jeter un oeil.

Le témoignage de Marion, 26 ans, est, me semble-t-il, une illustration fidèle de la situation actuelle.

A 26 ans la France m’a déjà fait perdre toute ambition professionnelle.

Retour en France… la main au porte-monnaie.

De retour en France depuis trois semaines maintenant, j’ai retrouvé ma chère patrie, les joies des problèmes de compagnies aériennes et de livraison de bagage dans un premier temps puis la douceur des pâturages verts et des vaches normandes certes congelés (je vous parle pas du choc thermique: j’ai perdu 35 ° en 12h) mais tout de même.

Malheureusement, j’ai également retrouvé les petites surprises du made in France, comme pour me souhaiter une joyeuse année 2012 sous le signe des casse-têtes administratifs et de la paperasse bleu blanc rouge.

Merci donc à ma mutuelle et à SFR, qui toutes deux ont du penser que j’allais me faire pigeonner sans broncher pour reprendre l’expression popularisée par Xavier Niel.

Tout fraichement débarqué et jetant un oeil sur mon compte bancaire, j’ai remarqué une augmentation de 35% de la cotisation mensuelle de ma mutuelle (la CPMS pour ne pas la citer). Mais pourquoi donc?

« C’est normaaaal » vous allez me dire! « Tous les ans on a le droit à une augmentation. »  Je suis au courant et je me suis résigné depuis quelques années…Sauf que là ça dépasse légèrement les 5% prévus…

Après un appel téléphonique (surtaxé évidemment), je comprends qu’entre le 31 décembre 2011 et le 1er janvier 2012, j’ai pris un (trop) gros coup de vieux. 2012… année du 2 mais aussi du 6: 26 ans et 35% d’augmentation! Dans l’os! Je fais maintenant partie de cette nouvelle tranche d’âge qui risque de dépenser 35% de frais de santé en plus. Mais la règle c’est la règle. J’attendrai donc sagement d’avoir payé un peu plus de 400 euros cette année pour résilier. (Parce qu’évidemment, c’est pas possible avant, faut pas rêver…)

Deuxième surprise. SFR!

 Après une suspension de ligne de 5 mois (pour ceux qui n’ont pas suivi, j’étais parti boire de la téquila) facturée 4,50 € par mois (et ma foi, bien pratique!) j’ai repris ma ligne cocorico.

Seul bémol, ou plutôt seulsss bémolsss: on a gentiment modifié ma date fin de contrat et on a gentiment cru que j’allais pas m’en apercevoir, on m’a gentiment augmenté mon forfait de 20% et on a gentiment cru que j’allais passer à côté, on m’a gentiment ajouté une option qui m’a coûté 20€ et ce sans gentiment me le dire…

A chaque fois j’ai eu droit à la rengaine franco-française « Ah ben ouais mais bon » ou ses variantes…

Résultat: je profite de la vague (pseudo)libertaire de Free Mobile pour résilier!

20€ par mois sans engagement et en illimité: c’est du pain béni pour ceux qui ont une légère tendance à ne rester sur le territoire que quelques mois par an.

En attendant de trouver du travail tout seul comme un grand : Pôle Emploi étant toujours aussi efficace…

‘Citizen Cam’: ma dernière grosse « claque »

Je viens de visionner un court-métrage pour le moins aciiiide, de Jérôme Scemla datant de 1999.

Citizen Cam

Le plot:

« La police de Reykjavik a lancé en 1996 une chaîne de télévision qui retransmet 24 heures sur 24 les images de deux cents caméras de surveillance.

Cette chaîne, baptisée HumaniTV, bat tous les records d’audimat. Elle défie la morale et la liberté individuelle à chaque instant. Analyse d’un succès qui pourrait bien s’exporter rapidement. »

Je vous invite à visionner le documentaire en question ci-dessous avant de lire la suite.

Alors? Personnellement, j’y ai cru jusqu’au bout et je ne me suis pas douté qu’il s’agissait d’une fiction avant le générique final. Même si j’étais étonné de ne pas en avoir entendu parler.

Ce court-métrage est un petit bijou de réalisation. Les acteurs également sont excellents et Jérôme Scemla réussit pendant 26 mn, à mettre en relief les instincts les plus primaires  des habitants de Reykjavik.

On y croit, on tremble quand on écoute les propos du chef de la police, on s’offusque et on perd espoir avec le témoignage de la retraitée lambda islandaise. On entrevoit l’espoir grâce aux « anti », et on reprend confiance en l’humain à travers ces artistes de rue. Enfin, on respire quand arrive le générique de fin.

Merci à Jérôme Scemla qui nous réveille: il aiguise notre sens critique et notre scepticisme. C’est grâce à ce genre de film, que nous saurons nous mettre à l’abri de pratiques liberticides. De quoi réfléchir à nos pratiques télévisuelles, à ce qui anime notre vie et à notre relation à autrui. Mais jusqu’où ira-t-on à tourner en rond dans nos maisons?

SOPA : Mobilisation pour la liberté d’expression sur Internet

SOPA ou encore Stop Online Piracy Act est la tentative Américaine qui vise à essayer d’enrayer le piratage en ligne.

Un projet de loi américain actuellement en discussion à la Chambre des représentants aux Etats-Unis. mais qui nous concerne TOUS car si ce projet de loi était finalement adopté, on devrait sans doute devoir s’habituer à voir ce type d’image régulièrement.

De nombreux acteurs du Web ont décidé d’agir et de manifester contre cette loi en stoppant toute activité pendant 24h.  Et ce, dès ce soir à 00h00.

« Le projet de loi SOPA, actuellement en discussion à la Chambre des représentants, vise à enrayer le téléchargement illégal en obligeant notamment un site tiers à bloquer l’accès à d’autres sites dont les offres violent les lois américaines sur le droit d’auteur. Mais les critiques sont nombreuses et certains dénoncent un « filtrage » ou une censure d’Internet. Le texte a rapidement suscité l’opposition de Google, qui estime que le texte va trop loin, ainsi que de Facebook tandis que les grandes maisons de disques et les studios hollywoodiens le soutiennent. »

LeMonde.fr du 17/01/2012

Voici un article très intéressant qui est en fait une analyse de ce projet de loi et des conséquences dangereuses pour la liberté de chacun.

Et pour ceux qui ne parlent pas Anglais, bah fallait travailler à l’école!!

Non je déconne… 🙂

Par ici la traduction.