Une France bien mal-en-point…

Ça sent le roussi…

La même histoire se répète encore. Lorsqu’on observe la situation économique et sociale en France, on a de quoi se poser de sérieuses questions sur notre avenir et plus généralement sur l’avenir des jeunes. Petit florilège de la situation en France, au niveau économique, éducatif et social.

Economie, jolie, jolie, jolie…

La situation économique mondiale est compliquée. L’économie est en crise! Cela fait au moins cinq ans, que l’on nous le sert à tous les repas. Bien sûr, l’exception française n’existe pas et l’évolution du nombre de chômeurs en France illustre bien la chute en avant inéluctable et l’avenir assombri qui nous attend.

Dans cet article du Nouvel Observateur, une petite chronologie du nombre de chômeurs dans l’hexagone est intelligemment agrémentée de phrase-clés prononcées par les différents chefs du gouvernement, alors en exercice. Conclusion: ce vaste système économique est seul gouvernant. Et nous faire miroiter que l’élection de tel ou tel gouvernement pourra changer les choses, ne fait finalement que l’ancrer un peu plus profondément dans notre pays, pour le meilleur et bientôt, pour le pire.

La hausse du chômage en France, sous la Vème République.

S.O.S. éducation en perdition…

C’est la rentrée! Les nouvelles mesurent sont tombées, et même si elles partent d’un bon sentiment, elles n’en restent pas moins des cache-misères. Et oui, colmater les brèches est une chose; mais c’est peine perdue si l’édifice éducatif menace dangereusement de s’effondrer.

N’y allons pas par quatre chemins: la situation de l’enseignement général en France est catastrophique. 40% des élèves sortent de l’école primaire sans savoir lire et écrire correctement.

Etre enseignant dans l’éducation nationale, en France, relève de plus en plus de l’exploit, surtout dans le secondaire. Les collégiens et lycéens, abêtis par la télévision et ses programmes forçant à la consommation et développant le culte de l’image, en oublient l’intérêt même de l’école.

D’autre part, parler d’ « abandon des parents » semble plutôt justifié. Le suivi scolaire qui était de mise dans les foyers français a tendance à laisser la place à un fossé entre la vie à l’école et la vie à la maison. Les parents, en ce sens, démissionnent de leur rôle de soutien de l’éducation de leurs enfants. Pire encore, de plus en plus nombreux sont les exemples de ces parents qui s’opposent à l’enseignement, souvent à travers une opposition à l’enseignant. De l’autre côté de la grille d’école, bon nombre d’enseignants se retrouvent enseignants par défaut. La garantie d’un emploi stable et le manque de débouchés des filières universitaires, notamment littéraires, sont responsables de l’arrivée massive de personnes avec le statut de professeur, sans en avoir ni la qualité, ni l’envie qu’il nécessite pourtant. Cela va sans dire que ce mauvais aiguillage professionnel a des répercussions indéniables sur la qualité de l’enseignement.

Abandon des élèves, des profs et des parents. Triste constat. Que faire pour enrayer ce cercle vicieux?

Gavée de principes dans lesquels l’argent et le smartphone sont roi et prince, et donc, basés sur une vision à court terme, cette nouvelle génération, actuellement en salle de classe, aura pourtant, fort à faire dans les prochaines années pour s’insérer dans la vie professionnelle, si encore une fois, on se réfère aux perspectives économiques, pour le moins pessimistes.

Une des façons les plus efficaces de se rendre compte d’une situation, outre le fait de prendre soi-même du recul, est sûrement d’obtenir un avis extérieur.

Sameer Thomas, enseignant de français en Inde, a travaillé pendant deux ans en France dans l’enseignement secondaire. Son témoignage est révélateur de ces dysfonctionnements.

Interview de Sameer Thomas, enseignant de langues.

En outre, voici un extrait de l’excellent article Etre un bon prof ? Pas si simple. de Fabienne Dumontet, dans lequel sont mises en avant les lacunes des formations reçues par les professeurs. Un constat relayé par le témoignage de Maria, professeure de français, d’origine allemande.

Car il faut le préparer, ce professeur, à la réalité difficile du collège et également à évoluer au cours de sa carrière. De ce point de vue, on réfléchit encore en France à un système de formation éprouvé. Actuellement, une fois passés les concours du capes ou de l’agrégation, en grande partie axés sur les aspects théoriques et les savoirs dans les disciplines, les jeunes professeurs suivent une formation professionnelle hebdomadaire d’un an. Mais ils assument en même temps leur service à plein temps devant leurs classes, sans expérience professionnelle ou presque, et souvent dans les établissements difficiles où ils sont affectés en priorité. Si bien qu’en urgence, cette rentrée, l’éducation nationale leur a accordé un allégement de quelques heures par semaine.
Auparavant, la situation n’était pas aussi critique. Leur service était largement réduit lors de cette première année pour qu’ils puissent suivre leur formation professionnelle en alternance. Mais elle restait bien insatisfaisante, du moins celle qui était assurée depuis 1990 par les Instituts de formation des maîtres (IUFM).
Ecoutons Maria, agrégée de lettres et, il y a peu encore, professeure de français dans un lycée de Rouen, raconter son passage à l’IUFM. Il se trouve qu’elle est arrivée en France après deux ans d’université en Allemagne, son pays d’origine.« Cela manquait d’une réflexion globale sur ce que doit savoir un professeur, l’histoire de l’éducation, les neurosciences… En Allemagne, c’est abordé dès la première année universitaire. Là, c’était du saupoudrage en un an. »
Pour l’aider à gérer la diversité de ses futurs élèves, on disait à Maria « d’exploiter des heures supplémentaires : théâtre pour certains élèves, soutien pour d’autres… Mais c’est aussi dans ses heures de base d’enseignement qu’un professeur agit, s’il connaît des méthodes pour faire travailler les élèves en petits groupes. Là, le système français avait encore des progrès à faire ». Résultat, à ses yeux : « En France, tu es le spécialiste de ta matière et tu enseignes. En Allemagne, tu es professeur et tu as une matière, ou deux. »

Bilan social: un vrai régal!

Les conséquences sociales sont déjà observables et pour le moins, désastreuses. Le principe selon lequel, l’éducation permet de se réaliser personnellement et professionnellement a déjà  été archivé au registre du « bon temps ». Pire encore, on assiste à un véritable dédoublement de la vie de l’individu: une vie professionnelle et une vie personnelle. Une pour survivre, l’autre pour vivre, tant que faire se peut. Rares sont ceux qui aujourd’hui, peuvent dire qu’ils s’épanouissent dans leur travail et de plus en plus nombreux sont ceux qui exercent une profession par défaut, en décalage avec leurs études et leurs espérances. Seuls ceux qui peuvent compter sur l’aide financière de leurs parents, les mêmes qui peuvent compter sur les pistons de ces mêmes parents, sont garantis d’atteindre des sommets, qu’ils le méritent ou non.

L’ascenseur social est donc en panne et le mécanicien de 16 ans, fraîchement diplômé d’un CAP sans valeur, mais sachant péniblement lire l’heure et l’adresse indiquées, n’est pas prêt d’arriver pour y jeter un oeil.

Le témoignage de Marion, 26 ans, est, me semble-t-il, une illustration fidèle de la situation actuelle.

A 26 ans la France m’a déjà fait perdre toute ambition professionnelle.

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